mardi 9 août 2011

Estuaire invisible

J'ai labouré les flancs creux de la nuit
rincé tout un jour au grand lavoir des rêves
essoré la raison des flux la liqueur des seiches
J'ai ouvert des sillons sur la jachère des nuages

J'ai donné rendez-vous à l'estuaire invisible
à la crique celée par l'essaim de la brume
à la falaise affalée à la faille infime
J'ai crevé des tympans au revers des récifs

J'ai repoussé la nuit dans ses retranchements
lessivé l'ombre et sa ménagerie de songe
détaché l'obscur de la nappe intranquille
me croyant enfin prêt aux recommencements




mardi 2 août 2011

Ossuaire de l'océan

Comme chaque été, ou presque, séjour sur la côte atlantique, au-dessus du Cap Ferret. Mais, à notre arrivée, le temps se dégrade. Ce n'est pas une raison pour bouder la plage, bien au contraire. Presque déserte, surtout en matinée, balayée par le vent aquitain, elle s'offre dans une pureté presque originelle. La dune, les vagues, le ciel chahuté de nuages. Mais ce qui m'intéresse aussi, c'est ce qui vient bousculer cette pureté, s'inscrire sur la toile presque monochrome du sable blond, tout ce qui vient de la marée, et que les services de nettoiement n'ont pas eu encore le temps de faire disparaître.

J'aime ces paquets d'algues jetés sur le rivage, dont l'enchevêtrement filamenteux compose de véritables tableaux abstraits.





Parfois s'y mêlent des cordages, des morceaux de filets dont la couleur vient crever l'ocre naturel.


Je regarde, j'écoute, je photographie, mais il peut m'arriver (rarement) d'intervenir : d'un court bastaing rougeâtre couché sur le sable, troué à une extrémité, je fais un menhir solitaire défiant l'océan.




Même ce que l'on pourrait considérer comme le plus détestable des déchets colportés par la marée, peut donner à rêver, comme ces idéogrammes sur ce bidon bleu qui évoquent tout un lointain, un extrême-orient dont la peinture n'est pas sans rapport avec l'épure du littoral aquitain.


Une palette presque ensevelie, aux lattes graffitées, voisine avec une canette. S'impose l'idée d'une archéologie de l'immédiat.


Et puis il y a ce superbe bidon rouillé, avec sa peinture rouge écarlate répandue comme un voile, comme un signal de détresse.




Et, un peu plus loin, les constructions en bois flotté de promeneurs inconnus. Esquisse de cabane, ébauche d'abri, pin écorcé dressé vers les nuées petits crobards un peu partout croisant les lignes du bois, bout de planchette bleue comme un fragment de ciel.








mercredi 15 juin 2011

Marin

Plaisir d'accueillir ici un poème d'Anne Ansquer.

Marin

Sourire
au coude du comptoir
et le double impossible
du bleu

la table
et l’océan
au temps que viennent mordre
les mots des mains

vous ne finissez pas vos phrases
pourquoi
de mots enfouis
ou de regard

c’est que nos vies
c’est de la peau
vous dites

et vos yeux dorent
le monde
l’alliance , la porte en vous
le risque de terrien
l’ignore
et les femmes aimantées
de votre corps -et -biens

(vous souriez)

au règne entrebrassé de mer
et de copains
vous n’en avez jamais assez

le bateau indécis de votre alcool
à désirer partir
à désirer rester

votre fleur de silence mauve
au coeur
la rose rouge d’une parole.

(Marin,Sens attentionnel, St Guénolé Penmarch'©)juillet 2009.
Anne Ansquer

mercredi 18 mai 2011

Un dimanche de mai

Ils ont proposé d'y aller, et j'ai tout de suite accepté. La Font du Four, je n'y étais pas retourné depuis cet hiver, un jour où j'avais chargé le coffre de quelques bûches pour la cheminée.  Le ciel était somptueux, un ciel de bord de mer, avec une lumière très particulière qui faisait se détacher chaque chose avec vigueur. L'air était d'une incroyable douceur. Les enfants sont partis tout de suite jouer autour du bassin avec les petites épuisettes qui patientent toute l'année au fond du coffre du Scénic.
Moi, j'ai suivi les parents dans le pré de la maison, le bout de potager qui le prolonge et  le champ fleuri qui dévale vers l'horizon. Marguerites, fléole, fétuque, dactyle, oseille, des dizaines d'herbes différentes dans ce bout de terre oublié des traitements. J'ai photographié et filmé sans me cacher, sans l'avouer non plus expressément  La qualité des vidéos n'est pas très bonne évidemment, car mon appareil, bien dépassé aujourd'hui, ne me permet que des enregistrements d'une minute maximum. Mais j'aime cette contrainte finalement.
Cette petite promenade autour de la ferme, qui ne doit pas excéder cinq cents mètres, combien de fois l'ont-ils faite ? Des centaines de fois peut-être. Mais c'est comme si c'était toujours une matière neuve, les arbres qui poussent, le frêne qui envahit et qu'il faudra couper, les châtaignes, ah les châtaignes, les fruits, tardifs ou précoces, prunes Globe d'or et cerises noires...
On retrouve les enfants, et tout s'achève autour d'un orvet occis sans doute par le tracteur-tondeuse de Dédé Aubret. On revient à Aigurande. Mais ce moment de vie, j'avais envie qu'il ne se perde pas dans la seule mémoire d'un ordinateur.



Font_du_Four_15mai2011 par ppese

dimanche 3 avril 2011

De molles alluvions

Paul Claudel, en 1923 :

"Le Japon est, plus qu’aucune autre partie de la planète, un pays de danger et d’alerte continuelle, toujours exposé à quelque catastrophe : raz de marée, cyclone, éruption, tremblement de terre, incendie, inondation. Son sol n’a aucune solidité. Il est fait de molles alluvions le long d’un empilement précaire de matériaux disjoints, pierres et sable, lave et cendres, que maintiennent les racines tenaces d’une végétation semi-tropicale... L’homme d’ici est comme le fils d’une mère très respectée, mais malheureusement épileptique... C’est une chose d’une horreur sans nom que de voir autour de soi la grande terre bouger comme emplie tout à coup d’une vie monstrueuse et autonome... Un choc, encore un autre choc, terrible, puis l’immobilité revient peu à peu, mais la terre ne cesse de frémir sourdement, avec de nouvelles crises qui reviennent toutes les heures."

Cité par Philippe Sollers.

mercredi 23 mars 2011

On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux

C'est un vers magnifique de Pierre Reverdy, dans Plupart du temps (1915). 1915, une date qui m'est chère, car c'est l'année de naissance de Simone. J'ai lu ce recueil de bout en bout l'année dernière (alors que le possédais depuis très longtemps, mais je n'avais guère fait que picorer quelques poèmes), et j'en avais extrait ce vers dans la petite anthologie que je bâtis petit à petit dans le carnet acheté dans l'une des synagogues de Prague.
Ce fut donc une belle surprise que de le retrouver à la médiathèque comme titre d'un roman de Robert Bober. Je n'avais jamais lu Robert Bober, mais son nom m'était pourtant comme familier. Et puis, en quatrième de couverture, je lus ceci : "C'est le mercredi 24 janvier 1962 que Jules et Jim, dans lequel Bernard Appelbaum avait fait de la figuration, sortit sur les écrans, et c'est le vendredi soir qu'avec sa mère, il est allé le voir au cinéma Vendôme, avenue de l'Opéra." 1962 : c'est l'année qui m'occupe dans le nouveau projet théâtral auquel je songe pour Cluis en 2012. Année où fut joué Les Misérables, dont il ne reste rien qu'une mention sur les programmes d'aujourd'hui. Toute la mémoire de ce spectacle a disparu, et je me suis en tête de la faire revivre, en recherchant dans les journaux de l'époque, en retrouvant les acteurs, le texte de l'adaptation, des photos peut-être. Travail encore à effectuer, en cette année de transition. Donc 1962, pour moi, c'était aussi important et symbolique que le vers de Reverdy. J'ai logiquement emporté le livre.
Que j'ai rapidement dévoré. Livre d'une belle et délicate sensibilité, brûlant d'une nostalgie et d'une tendresse inextinguibles pour un temps, un lieu et des êtres disparus. Le lieu, c'est Paris, où tout se noue et se dénoue, où viennent se réfugier les éclopés de l'Histoire, au nombre desquels les parents du narrateur, fuyant la Pologne ; Paris des bistrots, des chansons ; Paris d'Henri Calet (que m'a si bien fait connaître Fred Deux en me prêtant la quasi intégrale de ses livres), de Robert Giraud, de Jean-Paul Clébert (dont j'ai lu aussi l'an dernier le magnifique Paris insolite, que l'on a réédité voici peu).
Et dimanche soir, en même temps que je le lisais, je regardais Paris, le film de Cédric Klapisch.

Bande annonce de Paris Klapisch par Suchablog

Cette coïncidence ne me surprenait pas. Le livre de Bober lui-même est riche de coïncidences, comme en témoigne cette critique de Jean-Luc Douin dans Le Monde des Livres :
"C’est d’une écriture toute simple, sans la moindre afféterie stylistique, qu’il nous invite à naviguer dans un passé où, sans cesse, comme dans une symphonie d’échos et de coïncidences, Bernard Appelbaum (son double ?) découvre que se superposent des événements familiaux, des mythes historiques, des faits littéraires ou cinématographiques, et la coïncidence des destins d’hommes et de femmes qui ne se connaissaient pas… Tout le roman en flash-back de Robert Bober est découverte épicurienne, exhortation à savourer les petits bonheurs instantanés, à rendre grâce aux éblouissements évanouis, à « capter cette occasion qui passe », comme l’enseigna Jankélévitch."Robert Bober a agencé son livre comme un puzzle. Comme le cinéaste qu'il est par ailleurs, il a pratiqué un savant montage d'instants et de rencontres. Sabine Audrerie, dans La Croix, en septembre 2010, écrit qu'on "peut établir un parallèle entre son premier métier de couturier-tailleur dans les ateliers de confection après-guerre, où se sont retrouvé de nombreux juifs d'origine polonaise, et celui, actuel, d'écrivain. Sélectionner, découper, agencer, coudre, parfaire... l'approche est restée semblable pour le réalisateur, mû par le goût de montrer « les choses en train de se faire ». Ainsi le voyait-on, dans un film de 1999 consacré à l'affaire Dreyfus, agencer les pièces d'un puzzle dans lequel étaient représentés les protagonistes du procès ; ou dans un générique de Lire et relire, où il collait une à une les séquences filmées d'une vie en compagnie des livres.
Olivier Bailly, dans un bel article consacré à Bober (voir en particulier les vidéos d'entretien), ne dit pas autre chose : "Robert Bober est un architecte. Son art est celui de l'agencement, de l'assemblage, du collage. Les souvenirs nous reviennent par bribe et c'est par bribe que l'auteur se souvient. Des souvenirs où sont cousus finement le presque rien et le je ne sais quoi, le bon mot qui faisait jadis la réputation du petit peuple parisien - «un vieux qu'a les cheveux qui vont aux sports d'hiver» - se mêle à la grande Histoire (les manifestations de Charonne, notamment)."
Ceci résonne fortement avec le propos de l'autre livre que je lis en ce moment, L’œil de l'histoire 1, quand les images prennent position, de Georges Didi-Huberman. L'auteur y analyse la pratique du montage chez Brecht, allant jusqu'à la considérer comme un élément fondamental de sa poétique. Allons encore une fois jeter un oeil sur la quatrième de couverture, elle dit l'essentiel :
"Dans son Journal de travail comme dans son étrange atlas d'images intitulé ABC de la guerre, Brecht a découpé, collé, remonté et commenté un grand nombre de documents visuels ou de reportages photographiques ayant trait à la Seconde Guerre mondiale. On découvrira comment cette connaissance par les montages fait office d'alternative au savoir historique standard, révélant dans sa composition poétique - qui est aussi décomposition, tout montage étant d'abord le démontage d'une forme antérieure - un grand nombre de motifs inaperçus, de symptômes, de relations transversales aux événements. On découvrira ainsi, dans ces montages brechtiens, un lieu de croisement exemplaire de l'exigence historique, de l'engagement politique et de la dimension esthétique. 
On verra enfin comment Walter Benjamin - qui a été, en son temps, le meilleur commentateur de Brecht - déplace subtilement les prises de parti de son ami dramaturge pour nous enseigner comment les images peuvent se construire en prises de position."


Je songe maintenant à un autre Paris, celui de Hugo, un court volume que j'avais dû trouver dans un lot de brocante, un volume en mauvais papier, sans valeur, dépourvu d'ailleurs de couverture (on n'ira pas, là, chercher la quatrième). Il végéta longtemps dans quelque caisse, et Hugo, je dois l'avouer, je l'ai boudé longtemps, trop célèbre, trop officiel, trop prolifique, trop quoi... Et puis, venant à Paris en février avec la petite famille, j'avais choisi d'en faire mon viatique, et de fait, je le lus en deux parcours de Téoz, un bout de RER, et dans la file d'attente pour les attractions de Disneyland, pour finalement l'abandonner sur le fauteuil du wagon à l'arrivée à Châteauroux. Book-crossing inédit pour moi : quelqu'un en ferait peut-être son miel après moi.
Ce livre - qu'on peut retrouver sur Gallica - méritait bien sa lecture : il charrie autant de puissance visionnaire que d'aveuglement. Hugo évoque magnifiquement Paris, et il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il en décrit dans le détail les horreurs de son histoire. Il est visionnaire quand il annonce l'Europe mais incroyablement naïf quand il croit démontrer que le progrès technologique amènera nécessairement la paix entre les hommes.
Il est tard. Je boucle ici sans conclure. Sur un autre poème de Reverdy trouvé sur une page Facebook à lui consacrée.
"Si la lumière s'éteint, tu restes seul devant la nuit. Et ce sont tes yeux ouverts qui t'éclairent." (Pierre Reverdy, La balle au bond, 1928)
                                                                              Modigliani, Pierre Reverdy (1915)

lundi 31 janvier 2011

Simone #3

Troisième et dernière partie de mes notes de journal sur Simone, ma grand-mère. Depuis la dernière fois, j'ai eu le plaisir de recevoir  quelques visites, dont celles de membres de ma famille que j'ai si peu vus ces dernières années. Merci donc à Liline, Claudine, Max et Valérie qui ont laissé ici témoignage de leur passage.

Les Molles - décembre 2002


Cahier Miro

 Passé voir la grand-mère, à laquelle je n'avais pas rendu visite depuis septembre. Toujours chez Jean (il y a à peu près un an qu'elle n'habite plus les Molles, elle dit qu'elle ne pourrait plus, elle marche avec difficulté à cause ds rhumatismes, elle ne lit plus à cause de ses yeux, la rétine étant irrémédiablement atteinte, elle entend très mal, aussi me dit-elle qu'elle n'a plus de goût à la vie). Il ne veut pas qu'elle aille en maison de retraite (homme à tout faire à celle d'Argenton, il sait bien ce qu'il en retourne). Elle est contente de sa journée : la visite de Dédé le matin, la mienne en fin d'après-midi : sa solitude habituelle en est rompue agréablement. Elle n'a plus guère sinon que la radio pour la distraire un peu, car la petite télé de la cuisine est placée trop en hauteur et celle du salon, gâtée par les ans elle aussi, n'offre plus qu'une image dégradée. (15 janvier 2004)

Mardi dernier, passé à La Verrerie rendre une petite visite à la grand-mère, que je n'ai pas vue depuis juin. Elle me paraît en meilleure forme. Comme nous évoquons le spectacle de Cluis* et que je lui parle des deux boeufs de Livernette, elle me confie que c'est en conduisant les boeufs de son grand-père qu'elle rencontra pour la première Lucien Bléron qui, lui, menait une paire de vaches. Il travaillait alors comme domestique chez une veuve. Cette rencontre me fait rêver. " Mais si je commence à raconter ma vie, on n'a pas fini," dit-elle. Alors que moi je ne désire que cela, qu'elle raconte sa vie.
Comme je relate cette visite ce soir à Aigurande, Papa me dit que si elle parle de son grand-père, elle ne parle jamais en revanche de sa grand-mère. "Elle n'était pas bonne pour elle", dit-il. (3 octobre 2004)



Cahier de Lisbonne

L'arrière-grand-mère et la petite fille.
Deux caractères bien trempés, à près de 90 ans d'écart.
Ce matin, à Bouesse, pour le rallye Escapages + de 3 ans. Thérèse à la cantine me donne des nouvelles de la grand-mère. Ça ne va pas fort, sa tension est très élevée et le médecin ne parvient pas pour l'instant à la faire baisser significativement (elle prend déjà trois médocs pour ça). Cet état de fait fatigue son coeur et la rend nerveuse, ce qui renforce d'autant sa tension. Cercle vicieux. Elle voit mal, ne peut plus lire. Elle pleure et perd goût à la vie. Refuse pourtant certaines aides. Le déambulateur ? Un truc de vieux...J'irai la voir mardi prochain, après le rallye prévu à Mosnay. Me sent vaguement coupable de ne plus la visiter comme avant, même si, chez Jean et Thérèse, c'est moins facile, moins direct.

Violette, ce matin pour la première fois à Brassioux. A refusé le biberon obstinément. N'a rien mangé de 9 h à 17 h. Attendu sa maman. A pourtant été sympa, une seule grosse colère de midi à midi trente. A beaucoup dormi. Se réveillera sûrement dans la nuit pour une autre tétée. S'est défoulé dans le bain du soir, s'agitant joyeusement, éclaboussant l'entourage, tapotant tant qu'elle pouvait. (25 avril 2005)

Note finale

Voilà, je ne retrouve plus rien dans mes journaux après cette date. L'écriture sur le web a parfois pris le relais. Aussi je me permets simplement de redonner ici la dernière note que j'ai écrite concernant Simone, et qui se trouve sur un autre blog :


"Tu as sonné alors qu'elle  était seule. Quand l'oncle ou la tante qui la gardent se sont absentés, elle n'est là pour personne. Aller ouvrir, de toute façon elle n'en a plus la force, vissée qu'elle est à son vieux fauteuil. Tu sonnes une seconde fois. Tu entends sa voix depuis la cuisine, tu entres car la porte n'est pas fermée à clé. Elle dira qu'elle n'en revient pas de t'avoir dit d'entrer : "c'est comme si le Bon Dieu m'avait soufflé que c'était toi."
95 ans depuis le 10 octobre. Doyenne de la commune. Le temps est bien passé où tu lui ramenais de La Châtre des livres en gros caractères. Elle en dévorait plusieurs par quinzaine. Sa vue est devenue trop faible. Tu lui as bien suggéré les livres audio, mais ça ne l'a jamais intéressée.
Son unique spectacle c'est un simple réveil  posé sur la table. Elle regarde ce temps qui n'en finit pas de passer, si lentement pour elle qui souffre tellement d'être impotente.
Parfois le chat à l'œil crevé monte sur la table et vient mendier une caresse. Elle sourit, elle a toujours aimé les chats."

C'était le 15 octobre 2010.

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*Ce spectacle était Martin Guerre, joué en juillet-août 2004. L'anecdote de la rencontre avec les bœufs, je l'ai utilisée dans le spectacle suivant, en 2006, Eté 1915. Qui n'est pas placé par hasard cette année-là de la Grande Guerre. Elle ne l'a pas vu, mais il lui fut dédié, sur le programme et de vive voix à la dernière séance.