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mardi 29 mai 2012

Encore un trou de serrure

Je reviens un instant sur le Cavalier d'hier. Sur un plan qui me taraude, sans doute parce qu'il rejoint une figure déjà rencontrée, celle du trou de serrure, traitée ici, lors de cet itinéraire autour du blog de Paul Cox. Léa Massari, enlevée par l'OAS, est retenue prisonnière, sous la garde d'Alain Delon, légionnaire déserteur. Il la regarde à travers le trou de la serrure.

Nous épousons le regard d'Alain Delon, son point de vue de geôlier (la caméra n'entrera jamais dans l'espace de la pièce-prison). Ce qui s'offre à lui, à nous, parfaitement encadrée par les contours de la serrure, c'est une belle femme appuyée contre le radiateur. Elle semble dormir, sa main gauche est relâchée, paume vers le plafond, reposant sur la jupe noire, mais l'autre main contredit cet abandon en écartant le tissu du corsage blanc. La posture est d'une troublante sensualité. Delon va un peu plus tard faire boire sa prisonnière grâce à une paille glissée dans cette même serrure. Il ne dit rien, mais on comprend qu'il a été saisi par cette beauté entrevue.

Hasard objectif : sur l'autre Alluvions, mon espace netvibes (dont la voilure ne cesse de se réduire : je n'y suis plus que neuf sites), le blog photo Le clown lyrique présente à cette date du 29 mai des photos du photographe américain Wingate Paine, datées comme le film de 1964-65, dont celle-ci, par exemple :

L'article s'intitule Chaque moment d'extase. Les clichés y sont bien sûr plus explicites, mais ne sont-ils pas comme l'horizon de la promesse que semble tenir le corps alangui de Léa Massari ?
L'Insoumis

Allez, voici la conversation du jour : Alain Cavalier délaisse l'hôtel et revient chez lui arroser ses fleurs (long plan tournoyant sur l'une d'entre elles).


1er mai 2012 - Conversation avec Alain Cavalier... par lacinematheque  

Une fois n'est pas coutume, je vais donner aussi dans le floral, avec ces belles du jardin parental photographiées récemment et dont j'avoue ignorer le nom (it's a shame).

lundi 28 mai 2012

Après les nuits, L'Insoumis

Les Nuits du Chameau ont vécu, parenthèse heureuse de verbe et de musique, dans la chaleur retrouvée, presque miraculeuse après la fraîcheur et la pluie persistante des dernières semaines. Je reprends le train quotidien et donc, ici, mon périple Cavalier.



29 avril 2012 - Conversation avec Alain Cavalier... par lacinematheque

Il est ici question de L'Insoumis, film de 1964, avec Alain Delon et Léa Massari. Film qui ne craint pas d'aborder la guerre d'Algérie, encore toute proche, sur le versant OAS, ce qui lui vaut les foudres de la censure :
"L'Insoumis fut interdit en février 1965, suite à une plainte déposée par l'avocate Mireille Glaymann, qui avait été enlevée par l'OAS à Alger en 1962 tout comme l'héroïne du film. Maître Matarasso, avocat de la plaignante, avait fait valoir que la seconde partie de l'œuvre pouvait porter atteinte à la vie privée de sa cliente. Le film fut amputé de vingt-cinq minutes de coupe sur demande du tribunal. Le film ressortira à l'hiver 1967-68 dans quelques salles."  (Wikipedia)
Autant dire que ce ne fut pas un succès commercial. On peut, contrairement à Libera me, en visionner sur You Tube un très bel extrait d'une dizaine de minutes :




Voir aussi un bel article de CroCnique, avec un autre extrait, des photos et une évocation de la bande-son de Georges Delerue.