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lundi 7 avril 2025

Addi(c)tif à la poussière

La poussière œuvre dans le temps long : combien de semaines a-t-il fallu attendre pour que Man Ray puisse prendre cette photo dans l'atelier de Marcel Duchamp, à New York ? Près d'un siècle plus tard, à Sète, outre-Atlantique, Christian Bobin veut en prononcer l'éloge, se rendant par le train une nuit de Noël chez l'ami Pierre Soulages. J'ai dit comment le thème ne s'est pas imposé par irruption, invasion, effraction, mais par une lente sédimentation dans la conscience, répliquant en quelque sorte son mode physique d'envahissement des surfaces. Les étapes intermédiaires précédant l'avènement bobinesque, je n'en avais donc rien noté, mais j'avais besoin d'y retourner voir, pour m'assurer que je n'avais pas halluciné la répétition pulvérulente. 

Il me fallut revenir à ce récit d'Annie Dillard, la merveilleuse écrivaine découverte en juin 2024, et dont je lisais Une enfance américaine, acheté en février chez un bouquiniste de Saint-Sauveur-en-Puisaye, le village de Colette.



Il est encore question du temps dans cet ouvrage, la quatrième de couverture donne le la : "L'éternité est amoureuse des productions du temps", disait Blake. Annie Dillard, qui grandit à Pittsburgh dans les années 1950, écrit ici les épiphanies qui ont marqué son enfance (...)"

Les chapitres du livre ne sont ni numérotés, ni titrés. Celui qui s'amorce page 60 débute ainsi : "D'un côté, notre jardin était longé par un court chemin à l'abandon et sans issue. Nous ne le voyions pas de la maison ; nos parents avaient planté une rangée de peupliers pour le cacher. J'y trouvai une vieille pièce de monnaie." Annie Dillard raconte comment elle fouillait la terre sous un des peupliers, avec un bâton d'esquimau, quand elle a senti la pièce et creusé pour la dégager. Plus tard, elle la montra à son père : 

Il lut la date, 1919*, et me dit que c'était une vieille pièce, qui valait peut-être plus de dix cents.
Il m'expliqua que le passage du temps avait enterré la pièce ; la terre tend à s'accumuler autour des objets. A Rome, continua-t-il, en se  penchant par la fenêtre de la cuisine tandis que je m'accoudais à un meuble pour le regarder - à Rome, il avait vu de vieilles portes, deux ou trois étages sous terre. Là où autrefois les enfants sortaient directement au-dehors, les visiteurs devaient maintenant gravir deux escaliers pour retrouver la lumière de la rue. Je cessai d'écouter pendant une minute. J'imaginai que, si les enfants de Rome étaient, par je ne sais quel horrible hasard, restés assis suffisamment longtemps sur le pas de leur porte, perdus dans leur pensée au point d'en oublier de bouger, ils auraient été eux aussi enfouis sous la poussière, jusqu'au menton, non, par-dessus la tête ! mais à ce moment-là, bien sûr, ils auraient été très vieux. Ce qui était justement arrivé aux enfants de Rome - et la force de cette image me frappa -, qu'ils soient ou non restés sur le pas de leur porte. [C'est moi qui souligne]

Ce qu'Annie Dillard montre excellemment, c'est bien cette puissance des images forgées dans l'enfance, à travers le plus souvent de minuscules événements comme celui-ci : "Ce furent ces quelques pensées qui m'occupèrent pendant de longues années et laissèrent des traces dans ma vie intérieure." Traces dans l'esprit mais aussi traces dans le corps, dans la mémoire du corps, comme l'illustre cette seconde apparition de la poussière : "C'était mon corps qui connaissait ces trottoirs et ces rues. Mes os me faisaient mal à les parcourir, j'avais le goût de leur poussière brûlante sur mes lèvres écorchées ; leur gravier s'enfonçait dans mes paumes et mes genoux et y restait, bleu sous la nouvelle peau qui se reformait."(p. 146)

Un autre livre, à peine entamé, forma aussi relais vers l'assomption de la poussière. En février encore une fois, je fis l'acquisition de la réédition chez Zoé du Petit traité de la marche en plaine de Gustave Roud. 


Le premier texte, Adieu, n'est autre que le premier livre de Roud, commencé en novembre 1922, un mois après la publication de la photo de l’Élevage de poussière. Et la première phrase de ce premier livre est celle-ci : 

Route aiguë au cœur du village rose là-bas comme une flèche, ah par pitié rejette sur ta rive ce corps brisé par ta houle de poussière et de parfums, les mains percées de taons et qui étouffe.

*

A contrario de la survenue subreptice du topos de la poussière, voici comment surgit le 3 avril une troublante synchronicité : nous reçûmes ce jour-là du Doc le message suivant : "Bonjour les amis, je vous propose deux pages de l'ami John Berger. Il a écrit un "roman" dont la tactique est inspirée du "Feu pâle" de Nabokov. L'art est sous le feu du forgeron Berger, feu pâle poursuit, hante..."

La photo jointe est la suivante :

Je regarde attentivement, et je réalise alors que le Doc m'a envoyé deux pages du roman Un peintre de notre temps, que je venais précisément d'acheter à un bouquiniste de la Halle au blé dimanche 30 mars, quatre jours plus tôt. Un roman dont je n'avais  jamais entendu parler jusque-là, publié une première fois en 1958, retiré de la vente à cause des tensions de la guerre froide, et réédité en 1976. C'est l'édition française chez Maspero (1978) que j'avais achetée.

 

La coïncidence est d'autant plus incroyable que le Doc lui-même me confia ensuite qu'il ne savait même pas il y a dix jours que ce titre existait dans l’œuvre de Berger. L'édition qu'il avait était un fac-similé, "commandée livre neuf".

Il n'est sans doute pas anodin que deux des livres ici chroniqués soient issus des rayonnages de bouquinistes, en quelque sorte les braconniers du temps des livres. Et je songe tout à coup, en écrivant ces lignes, aux Chasseurs d'André Hardellet, qui donnent le titre de deux magnifiques recueils de poèmes. Dans le premier, édité chez Pauvert en 1966, le poème en prose, Les chasseurs, évoque l'apparition de cinq silhouettes à la lisière du bois des Arpents, "apparition qui semble née spontanément de la substance du taillis, très touffu dans ce secteur."

"Quelqu'un - vous, moi - grimpe au sommet du chêne Capitaine, d'où l'on peut voir la fin des Arpents et les champs qui leur font suite. Il attend, ce quelqu'un. Il attend que la scène se reproduise : le débouché des chasseurs en pleine lumière, l'alerte donnée aux corbeaux, des coups de feu, mais rien. Rien, personne. Le guetteur pourra bien demeurer des heures sur son perchoir, les Arpents ne relâcheront plus ce qu'ils ont capturé. Et pourtant le bois, limité à gauche par les murs de la Tuilerie, se termine à gauche par des coupes où cinq hommes passeraient difficilement inaperçus. [...] Les chasseurs ont peut-être fait halte, tout simplement, en attendant que j'aille les rejoindre lorsque j'aurai appris comment. Et qui sait s'ils ont bougé, depuis, sous le couvert ?"

La magie d'Hardellet, qui réside toujours dans ce jeu avec la suspension du temps, résonne pour moi aujourd'hui avec l'image des enfants de Rome dans le récit d'Annie Dillard.


 

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* 1919, année de naissance de Pierre Soulages.

samedi 16 décembre 2017

# 300/313 - Les corridors du Passé

"La veille, en passant devant un libraire, j'avais remarqué la reproduction d'un Terborch qui montre, de dos, une jeune femme jouant du violoncelle. Elle portait une robe argentée dont le peintre avait fixée le chatoiement avec une exactitude presque effrayante. La scène - mais la scène vivante et non pas son image - surgit du halo. Il n'y eut pas de lacune dans ma conscience ; je me trouvai dans la pièce, derrière la musicienne, comme si je ne l'avais jamais quittée sinon en rêvant. (...) La jeune femme me prit par la main et, sans un mot, me conduisit dans la rue d'une petite ville hollandaise d'autrefois. (...) Je l'ai revue, en effet, plusieurs fois, dans des rêves ultérieurs, toujours prête à resurgir quand je l'évoquais. Tantôt elle portait la robe peinte par Terborch, tantôt elle était vêtue comme à notre époque, mais je ne m'y trompais pas. Cette nuit-là, je me bornais à vivre dans un enchantement continu."

André Hardellet, Le Seuil du jardin, 1966.

Celui qui parle ici est le professeur Swaine, l'inventeur de la machine à rêver, qui vous propulse dans des songes aussi tangibles que la réalité. Il s'adresse à un autre pensionnaire de la pension Temporel, le peintre Steve Masson, sorte de double de l'écrivain Hardellet. Le tableau du peintre hollandais Gérard Terborch (ou ter Borch) dont il s'agit est très certainement Le Concert (1675).

Cette rencontre est prodigieuse pour Masson, qui cherche obstinément dans sa peinture à retrouver les sensations que lui ont laissées un rêve insolite où il se trouvait au seuil d'un jardin désert, avec des kiosques en ruine écrasés par la chaleur de l'été. Plus tard, la machine de Swaine sera détruite et le peintre quittera Paris pour New York, où il fera fortune (sa toile, Le Seuil du jardin, sera acquise par une soi-disant collection Beuckler).

Ces associations entre la peinture hollandaise et New York, cette rêverie persistante sur la mémoire et le temps sont autant de points communs inattendus entre Donna Tartt et André Hardellet.*
Achevons maintenant la lecture de cette page 23, où Theo Decker écoute sa mère parler de distorsion spatiale et temporelle :
"Non, non, mon poussin, je parlais juste du quartier." Elle m'ébouriffa les cheveux et m'adressa un sourire en coin un peu gêné : mon poussin était mon surnom enfantin, je ne l'aimais plus, pas plus que de me faire ébouriffer les cheveux, mais aussi penaud que je me sente j'étais content de la voir de meilleure humeur. "C'est toujours comme ça quand je viens par ici. Chaque fois, c'est comme si j'avais de nouveau dix-huit ans et que je débarquais du Kansas."
Poussin : encore un nom d'oiseau, après le chardonneret et l'ibis.

La mère de Théo dit plus loin qu'à l'endroit de New York où ils sont rien n'a changé depuis sa première visite. C'est un tunnel temporel. 
Dans Lourdes, lentes..., publié en 1969, autre roman d'André Hardellet où le personnage principal se nomme Steve Masson (et pour lequel il passera devant les tribunaux pour "outrage aux bonnes mœurs"), il écrit : "C'est à Londres qu'aboutissent  et d'où partent ce que je nomme les corridors du Passé, ces voies parallèles qui vous permettent de sauter en marche sur une autre trajectoire du Temps. J'ai souvent rêvé d'un Guide qui enseignerait, avec plan à l'appui, où et comment pénétrer dans ces couloirs comme dans les merveilleuses gares clandestines dont parlait Alphi, vous savez : celui qui laissait sa porte ouverte, la nuit, dans l'espoir qu'une dame nue de toute beauté se tromperait enfin de chambre et entrerait chez lui."

Cependant, après avoir opéré ces rapprochements, j'étais un peu sceptique, insatisfait, quelque chose semblait manquer pour les légitimer pleinement. Je dus alors quitter la table pour me rendre à Equinoxe, au spectacle Méduses, qui associait danse et vidéo (et qui bien sûr était un élément supplémentaire à ajouter aux Carnets de la Méduse).

Au retour, je reprends la lecture du Chardonneret, tout en prenant en route le biopic de James Marsh sur Stephen Hawking. Oui, deux choses en même temps... Qui a osé dire que l'homme n'était pas multi-tâche ? Bon, de fait, je n'ai pas lu longtemps, d'une part parce que le film était bouleversant, avec la formidable performance d'acteur d'Eddy Redmayne, d'autre part parce que très vite je suis tombé sur une page essentielle dans le livre de Donna Tartt, et que je n'avais pas le désir d'aller plus loin avant d'en rendre compte ici.

Au moment donc où je replonge dans l'histoire de Theo Decker, il vient de traverser le continent américain avec les bus Greyhound. Fuyant Las Vegas après la mort de son père, il arrive un soir à New York, à la gare routière de Port Authority, brûlant de fièvre. Il entreprend néanmoins de marcher jusqu'à Central Park South, un lieu autrefois familier.
"Les odeurs, les ombres, même les troncs tachetés et pâles des platanes me rendaient heureux, pourtant c'était comme si je voyais un autre parc en dessous de celui qui était visible, une cartographie du passé, un parc fantôme assombri de souvenirs, de sorties scolaires et de visites au zoo reléguées si loin dans ma mémoire. J'ai marché le long du trottoir du côté qui donnait sur la 5ème Avenue, jetant un coup d'oeil, les sentiers étaient ombragés par des arbres avec le halo des réverbères, arbres mystérieux et accueillants comme les bois dans Le Monde de Narnia. Si je bifurquais et marchais le long de l'un de ces chemins éclairés, est-ce que je ressortirais  dans une année différente, peut-être même dans un avenir différent où ma mère, tout juste sortie du travail, m'attendrait légèrement décoiffée par le vent sur le banc (notre banc) à côté de l'étang : elle rangerait son téléphone portable et se lèverait pour m'embrasser : Bonjour, mon poussin, c'était comment tes cours, qu'est-ce que tu veux manger ce soir ?" [C'est moi qui souligne]
La coïncidence avec le texte d'Hardellet sur les corridors du Passé était vraiment pétrifiante, comme dirait Breton. Theo aussi rêvait de bifurquer sur une autre trajectoire du Temps.
Mais quel est le titre du film de James Marsh ? Ni plus ni moins que La merveilleuse histoire du temps, qui fait référence à Une brève histoire du temps - Du big bang aux trous noirs, ouvrage publié en 1988 par Stephen Hawking.


Ce n'est pas fini. Une troisième coïncidence s'impose au moment de l'annonce du journal de France 3 qui fait suite au film. J'apprends qu'une tentative d'attentat terroriste a eu lieu ce matin près d'une gare routière de New York.

Vous avez bien lu : l'attentat a eu lieu près de Port Authority, la gare même où Theo Decker arrive à New York. Heureusement la charge a explosé prématurément.
Comment prendre l'exacte mesure de cette triple synchronie***, qui tisse l'actualité la plus criante au Passé le plus lointain (le Big Bang qui était aussi la figure d'une métaphore employé par le père de Théo**) ? C'est un abysse de méditation qui s'ouvre devant nous.

PS : [Ajout du 15 /12 ] Le dernier billet de l'année de Rémi Schulz, oui, l'effet Papillon tue, étudie, entre autres, les interférences entre Quaternité et Alluvions. Il revient par exemple sur La serpe de Philippe Jaenada, Les quatre fleuves de Fred Vargas et Baudoin, et finit sur la pochette de Physical Graffiti, de Led Zeppelin, en proposant d'autres coïncidences numériques remarquables. La lecture de ce billet a par ailleurs aussitôt été le point de départ d'une autre série de résonances éplapourdissantes, ainsi que Rémi aime à dire, que je développerai dans une prochaine note.

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* Mais on me permettra de préférer les 126 pages denses du Seuil du jardin aux 800 pages trop souvent délayées du Chardonneret.

** "Ce qui m'accrochait, dans ces brefs comptes rendus des livres de la bibliothèque, c'était l'élément de hasard : les désastres aléatoires, le sien et le mien, convergeaient vers le même point invisible, le big bang comme l'appelait mon père sans sarcasme ni mépris, plutôt une reconnaissance respectueuse des pouvoirs du hasard qui gouvernaient sa propre vie." (Le chardonneret, p. 312, passage cité à l'article précédent)

*** Elle salue en quelque sorte le trois centième article.

mardi 3 janvier 2017

# 2/313 - Premier contact

Je voulais absolument voir ce film. D'une part, parce que son réalisateur, le canadien Denis Villeneuve m'avait séduit avec Incendies, d'après Wajdi Mouawad, et le thriller Prisoners, deux oeuvres très différentes mais d'une grande intensité dramatique, et porteurs d'interrogations éthiques dérangeantes l'une et l'autre. D'autre part, parce que je suis passionné par la question de la rencontre entre des intelligences différentes, ce peut être celles de l'homme et de l'animal, de l'homme et du robot ou celle, qui fait le lit bien sûr d'une bonne partie de la SF, de l'extraterrestre avec nous, Terriens. Premier contact explore cette dimension avec un certain bonheur. Ce n'est pas un film d'action à la Rogue One, avec des batailles d'aéronefs à couper le souffle et à cracher les popcorns, non, c'est beaucoup plus introspectif mais d'autant plus envoûtant, parce que ça nous concerne au fond, pleinement.

Adapté de L'histoire de ma vie, une nouvelle de Ted Chiang, auteur né en 1967, le film raconte l'arrivée sur Terre de douze immenses vaisseaux verticaux, sortes de gigantesques monolithes sombres qui ne sont pas sans rappeler bien évidemment celui de 2001, Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick, référence d'ailleurs revendiquée par Villeneuve. Le problème qui se pose alors c'est que les intentions des extraterrestres restent opaques. Que viennent-ils faire sur Terre ? Nous veulent-ils du mal ? C'est pour essayer de communiquer avec eux que la linguiste Louise Banks (Amy Adams) est engagée par le gouvernement des Etats-Unis.

Louise Banks (Amy Adams) devant le vaisseau extraterrestre
Les aliens se présentent comme d'énormes poulpes à sept bras, ce qui leur vaudra donc d'être nommés les Heptapodes.* La rencontre avec deux d'entre eux se fait derrière une baie vitrée, à la base du vaisseau en lévitation au-dessus du Montana. Surnommés Abbott et Costello (noms des deux personnages d'un duo comique américain), par le physicien Ian Donnelly (Jeremy Reiner), ils tracent avec l'encre expulsée de leurs membres  des glyphes sous forme de cercles composés de motifs complexes. Le décryptage de ce langage, avec ses malentendus quasi inévitables sur les intentions agressives ou non des Heptapodes, porte tout l'enjeu de l'histoire. Je ne veux pas raconter davantage, et risquer de spoiler un film que je vous encourage à aller voir, je veux juste insister sur deux points importants pour la suite des chroniques.


Louise Banks a une fille, ou aura une fille (c'est là que ça devient compliqué), à qui elle donnera le prénom d'Hannah. Quand j'ai entendu ça pendant la projection, j'ai tout de suite pensé qu'il s'agissait là encore d'un palindrome (rappelez-vous d'Otto, de Marc-Antoine Mathieu), or cela a été confirmé par le commentaire qui suivait, qui usait du même mot : « Ton prénom [un palindrome] est l'histoire de ta vie », dit Louise à Hannah. « Story of Your Life » / Histoire de ta vie étant le titre, je l'ai dit, de la nouvelle dont est tiré le film.

 Ce langage visuel circulaire est métaphorique d'une autre conception du temps, propre aux Heptapodes : un temps non-linéaire (c'est ainsi qu'il est désigné). Louise est ainsi sujette à des visions, des flash-forward où elle entrevoit sa vie future, son mariage avec Donnelly et la venue de sa fille Hannah. C'est aussi grâce à ce pouvoir qu'elle évitera le conflit entre Terriens et les Aliens. Elle se verra également trouvant dans une malle un traité sur le langage des Heptapodes. Une malle, oui, comme dans Otto...

Quelques jours plus tôt, j'avais acheté le dernier  Hors-série de La Recherche. Le temps. A-t-il un début ? A-t-il une fin ? Je crois bien que nous n'en avons pas fini avec ces questions.





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* La lecture, quelques jours plus tard, d'un glossaire entomologique, m'a fait découvrir la nouvelle classification des insectes, que l'on doit à deux chercheurs français, Minet et Bourgoin : le terme insecte ne désigne plus qu'une partie des êtres vivants rassemblés sous l'appellation d'hexapodes.

"Les Hexapodes (Hexapoda) constituent un sous-embranchement qui regroupe principalement les insectes et d'autres arthropodes à trois paires de pattes : les protoures, diploures et collemboles, considérés par les classifications plus anciennes comme des ordres de la classe des insectes.
Les Hexapodes sont le plus important phylum en nombre sur Terre avec plus d'un million d'espèces découvertes et encore de 2 à 30 millions d'espèces à découvrir. Ils représenteraient, selon des estimations, 80% des espèces animales et sont présents dans tous les climats et tous les milieux." (Wikipedia)