Un livre que j'aurais dû lire depuis longtemps. Je suis intimement persuadé d'avoir lu l'article que lui consacra Roger Chartier dans Le Monde des livres, le 27 novembre 1992. Son existence m'était donc connue mais, pour une raison que j'ignore, je n'ai pas sauté le pas avant le 28 mai dernier, où j'ai enfin acquis Le sabbat des sorcières, de Carlo Ginzburg, dans sa réédition en Folio-Histoire de 2022.
Un livre fondamental, qui m'a en outre conduit à reprendre l'écriture interrompue (depuis octobre 2022) de Cristal noir, suite de La neige ne guérit pas de sa blancheur, l'ouvrage que j'ai consacré à ma petite sœur Marie, disparue en décembre 2019. Je n'entre pas pour l'instant dans les détails.
Ce même jour - 12 juin 2026 - où je remplis à nouveau quelques pages dans le cahier noir qui me sert de réceptacle au premier jet, je constate qu'en troisième position sur la liste des articles les plus consultés s'affiche La sorcellerie des Marins, article publié le 7 avril 2019, il y a donc sept ans passés. Article auquel je n'ai fait aucune publicité ni allusion dans les posts récents.
Or, que l'on aille y faire un petit tour, on aura la surprise d'y retrouver la même gravure de Hans Baldung Grien, dont un détail forme l'illustration de couverture de l'essai de Carlo Ginzburg. L'article, lui, commençait ainsi :
Les sorcières s'abattent sur Arte. Dans le dernier billet, je faisais état d'une synchronicité entre une lecture d'André Hardellet, en une page citant les sorcières de Hans Baldung Grien, l'inspirateur d'Agnès Varda dans Cléo de 5 à 7, et un documentaire-fiction de la chaîne franco-allemande sur les sorcières de Salem. Or le lendemain, je surpris dans l'émission 28 minutes, lors de la chronique de Xavier Mauduit, la représentation de la même gravure de Hans Baldung que j'avais reproduite dans l'article. La seule différence étant qu'elle était cette fois en couleur :

On retrouve donc la gravure de Hans Baldung dans le billet, déjà évoqué en 2019, du 30 septembre 2017, #234/313, Le vent change, en synchronicité avec cette page 144 de La promenade imaginaire d'André Hardellet :
"Parfois, au cours d'une soirée, j'ai l'intuition que, soudain, le vent change ; quelqu'un, croirait-on, s'est chargé à notre place de donner le coup de pouce providentiel et a ouvert toutes grandes les portes d'une féerie tenue cachée. L'air qui pénètre dans la pièce vient de lointaines clairières foulées par les sorcières d'Hans Baldung et, levant les yeux, vous découvrez devant vous le visage d'une femme irretouchable (c'est rarissime mais cela se produit quand même parfois). A l'instant, un ami pose sur l'électrophone l'enregistrement que vous désirez précisément entendre, un autre vous tend le verre de champagne dont vous aviez envie. Votre sabbat personnel peut commencer..." [C'est moi qui souligne]
Pour moi aussi, avec Carlo Ginzburg, le vent a changé et mon sabbat personnel peut recommencer...


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