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samedi 2 juillet 2022

Immortelles et place Sainte-Hélène

Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau
Que mes tâches sont terminées ;
Maintenant que voici que je touche au tombeau
Par les deuils et par les années,
(...)
Et je pense, écoutant gémir le vent amer,
Et l'onde aux plis infranchissables ;
L'été rit, et l'on voit sur le bord de la mer
Fleurir le chardon bleu des sables

Victor Hugo, Les Contemplations, Paroles sur la dune

Lundi 20 juin, au cimetière de Cré, nous disions adieu à une vieille amie, Bernadette Lagonotte, dite Dédette, qui longtemps tint un café restaurant mythique à Dampierre, près de Gargilesse. Pas de cérémonie religieuse, avant la crémation nous nous recueillîmes près du cercueil, où une petite corbeille d'immortelles était placée. J'en déposai une sur le bois lustré.

Ce mot d'immortelles m'a frappé, sans doute n'était-ce pas la première fois que ces fleurs (Helichrysum Stoechas, en termes latins savants) étaient présentes lors de funérailles auxquelles j'ai assisté, mais je ne m'attendais pas à les retrouver si vite. Non pas en réalité, mais dans mes lectures.

Dans La Baïne, d'Eric Holder, tout d'abord :

"Il fallait verrouiller la voiture, marcher un peu avant d'atteindre l'océan. Ils traversèrent une lande sous les pinson jouaient les taches rousses. Ils recourent d'abord la dune à son parfum d'immortelle et de panicaut, avant de la découvrir, passé un dernier taillis. Elle s'étalait contre le ciel, couleur de peau qui prend l'air pour la première fois. En marchant, ils se touchaient involontairement de la cuisse, de la hanche et, n'osant rompre le contact, inventaient des danses compliquées." (p. 76)

L'immortelle est ici associé au panicaut, qui fit l'objet de deux articles en décembre 2017.  Le panicaut que l'on confond souvent avec le chardon. J'avais trouvé une plaque émaillée (Panicum plicatum Linné) à la brocante des Marins qui portait le numéro 444, et j'avais été conduit jusqu'à cet autoportrait de Dürer, dit au panicaut à fleurs bleues.

1493 à Venise, Dürer a 22 ans.

Or, cet autoportrait, je m'en avise maintenant, est au départ du roman de Jean-Jacques Shuhl que j'ai cité à l'article précédent (sans en faire grand cas, mais peut-être ai-je eu tort). Le narrateur observe son visage et affirme que le nez est "un peu le même que celui de Dürer jeune sur son autoportrait de trois quarts avec lequel, il y a de nombreuses années, une jeune personne, certainement pour me flatter, m'avait prêté une ressemblance que je sais, à présent, illusoire." Dürer a peint plusieurs autoportraits, à différentes époques de sa vie, mais il semble qu'il s'agisse du tableau de 1493, car Schuhl écrit à la page suivante : "Cet adolescent outsider effacé se voyait pourtant aussi sous d'autre aspects, avait sans doute d'autre aspirations ou fantasmes : cheveux teints en jaune citron dans le salon superchic, près de la Canebière, d'Alexandre de Paris, comme un vulgaire trav, balafré à la suite, c'est ce que je prétendais devant les filles, d'une algarade dans un bar à putes et à matelots du Port de Marseille, croyant en une ressemblance avec le jeune Dürer qui, sur son autoportrait, semble, dans son costume en soie, toiser avec orgueil le monde entier, une couronne d'épines entre les mains. Mélange, en somme, d'artiste et de voyou !"(p. 13, c'est moi qui souligne)

Bon, il s'agit d'un panicaut, non d'une couronne d'épines, mais Schulh n'est pas botaniste, on ne lui en voudra pas.

En fait, il n'y a qu'une seule mention d'immortelles dans le roman holdérien, je n'en ai pas trouvé d'autres, mais il faut croire qu'elle m'a marqué. En revanche, dans La chambre noire de Longwood, Jean-Paul Kauffmann revient à plusieurs reprises sur la fleur.

C'est au troisième jour de son voyage que l'écrivain découvre les immortelles :

« Dans cette pièce où j’ai rencontré Gilbert Martineau, Napoléon est mort le 5 mai 1821. Contraste entre le salon de poupée et la fameuse expression de Chateaubriand. « Il rendit à Dieu le plus puissant souffle de vie qui, jamais, anima l’argile humaine. » Au coucher du soleil, en présence des derniers fidèles, il rend le dernier soupir dans le petit lit de camp d’Austerlitz en balbutiant ces mots : « Armée, tête d’armée… Joséphine. » Il est âgé de cinquante et un ans. À cet instant précis, le valet Marchand arrête la pendule du salon. Elle marque 5 h 49. Pendant l’agonie, le malade avait été transporté dans cette pièce plus vaste et mieux aérée que la petite chambre.

Entre les deux fenêtres où avait été placé le lit, une plaque de cuivre vissée sur le plancher : « L’Empereur est mort ici le 5 mai 1821. » Une couronne de fleurs séchées gît sur le sol. Ce sont des immortelles. La plante fétiche de la captivité est encore présente tout autour de Longwood. Fleur de la miséricorde, symbole de la générosité et de la délicatesse. C’est lady Holland, admiratrice de Napoléon, qui lui fit envoyer quelques plants d’Angleterre afin d’adoucir la détention et de lui rappeler sa Corse natale. » (p. 116, c'est moi qui souligne)
Kauffmann entame le récit de son septième jour par l'évocation de la place Sainte-Hélène, à Châteauroux. Il est venu jusqu'ici pour suivre les traces du général Bertrand, dont il n'hésite pas à dire qu'il est la figure la plus sublime de la tragédie hélénienne.
« Un joli mail bordé de tilleuls, les mêmes grilles en forme de lances que chez Anne’s Place. Une place paisible de province avec ses bancs, ses bornes de granit usé empêchant les automobilistes de se garer sur le terre-plein. L’allée n’est pas sans évoquer une proue de navire ; on a l’impression que l’étrave va toucher le couvent des Cordeliers tout proche.
À l’avant, un militaire présente son épée enveloppée dans un drapeau. De loin, on croit qu’il brandit un parapluie, détail pour le moins insultant car ce soldat a dans sa giberne un bâton de… grand-maréchal.
Henri-Gatien Bertrand, comte d’Empire, grand aigle de la Légion d’honneur, dont le rôle fut essentiel à Wagram et à Lützen, veille depuis près de cent cinquante ans sur la place Sainte-Hélène, paradis des joueurs de pétanque et halte obligatoire pour les chiens accompagnés de leurs maîtres. » (p. 259)

Henri Gatien Bertrand

 Les immortelles reviennent quelques pages plus loin :

« Les immortelles de Sainte-Hélène ne meurent jamais… Je me souviens de mon émotion au musée Napoléon de La Havane qui détient la plus belle collection de souvenirs de l’Empire en dehors de la France. Rassemblés avant la révolution cubaine par un richissime hanté par l’Empereur, ces objets sont présentés dans une villa de style toscan dont l’opulence tranche avec le délabrement de la vieille ville. À l’étage, une gardienne présente, enfermées dans une fiole, quelques immortelles cueillies à Sainte-Hélène. Les petites têtes d’or n’ont pas trop perdu leur éclat. J’ai reconnu le revêtement cotonneux et les petites feuilles enroulées sur leur bord. Au musée de La Pagerie à la Martinique, comme à Châteauroux, les immortelles de Sainte-Hélène sont aussi présentes. C’est le signe de reconnaissance de l’exil en même temps que l’attribut de la compassion.

— Vous dites qu’on voit des immortelles partout. Où sont-elles ? Dans le jardin ?

— Non. Plutôt à Deadwood.

— Deadwood ! Est-ce bien l’endroit où se trouvait la garnison anglaise chargée de surveiller Napoléon. Où est-ce ?

— C’est à l’ouest de la maison. Je vais vous montrer. Il y a aussi un golf. Un peu venteux comme vous le constaterez. » (p. 284, c'est moi qui souligne)

En 2019, un couple d'anglais qui avait séjourné plusieurs années à Sainte-Hélène, entre 1996 et 1998, donc peu après le passage de Jean-Paul Kauffmann (dont le livre parut en 1997, trois ans après son voyage), offrit au Musée Bertrand des immortelles séchées qu'ils avaient cueillies sur l'île. La Nouvelle République rendit compte alors de ce don de John et Robina Jacobson :

"Un des hommes de Napoléon avait choisi de ne pas habiter à Longwood, mais dans une maison voisine : le général Bertrand. Et c’est précisément dans cette maison que John et Robina ont vécu pendant trois ans : « Ce logement appartient toujours au gouvernement britannique, il sert à héberger les ingénieurs en mission, poursuit Robina. C’est là que j’ai découvert l’histoire du général Bertrand. Leur destin, à lui et à sa femme, m’a beaucoup touchée. Je me suis plongée dans ses mémoires et dans tous les écrits le concernant. J’aime beaucoup ce personnage, c’était un gentleman qui avait une grande ouverture d’esprit. »
Robina et John ont précieusement conservé ces immortelles cueillies aux abords de Longwood, en se promettant de venir un jour visiter la ville natale de Henri-Gatien Bertrand. C’est chose faite. Les graines d’immortelles semées il y a deux siècles par Napoléon à Sainte-Hélène ont essaimé jusqu’à Châteauroux."

Le consul, Michel Martineau, mène Kauffmann jusqu'à Deadwood, mais c'est une vision de désolation qui s'offre aux deux hommes : "le débordement du vent souligne la nudité de la pelouse. La dureté de l’alizé a tondu ici la végétation. Noir violacé des rochers sur fond d’océan couleur aubergine : terre sans parure, sans revêtement. Deadwood, finistère indécis, extrémité stérile ouverte sur la lymphe immobile de la mer. "

Une surprise aussi attend l'écrivain en ce qui concerne les immortelles :
« La lande est parsemée de petites touffes dorées. Je reconnais les immortelles de lady Holland et leurs petits capitules jaunes. Le consul cueille une fleur, me la fait sentir. Elle n’a aucun parfum. J’essaie en vain de capter l’odeur de carry indien et de miel, ce parfum si entêtant qui embaume en été le maquis corse et la lande des îles bretonnes. La chaleur, l’humidité des tropiques ont anéanti la saveur piquante et poivrée. Sainte-Hélène n’extermine pas ce qui vient d’ailleurs, elle se contente d’amoindrir, de désagréger, de stériliser. La moiteur travaille à corrompre pour mieux dénaturer. Au temps de Napoléon, la mortalité des soldats établis à Deadwood était quatre fois plus élevée qu’ailleurs. »


jeudi 21 décembre 2017

# 304/313 - 13 rue Linné

"Si quelqu’un à Paris me demande où je crèche, j’ai le choix entre une bonne dizaine de réponses. Je ne saurais dire «j’habite rue Linné» qu’à quelqu’un dont je serais sûr qu’il connaît la rue Linné ; le plus souvent, je serais amené à préciser la situation géographique de ladite rue. Par exemple : j’habite rue Linné, à côté de la clinique Saint-Hilaire» (bien connue des chauffeurs de taxi) ou «j’habite rue Linné, c’est à Jussieu» ou «j’habite rue Linné, à côté de la faculté des sciences» ou bien «j’habite rue Linné, près du jardin des Plantes» ou encore «j’habite rue Linné, pas loin de la mosquée». Dans des circonstances plus exceptionnelles, je pourrais même être amené à dire «j’habite le 5e» ou «j’habite dans le cinquième arrondissement» ou «j’habite au Quartier Latin», voire «j’habite sur la rive gauche». 

 Georges Perec, De quelques emplois du verbe habiter



C'est encore une fois un article (le dernier de cette année 2017) de Rémi Schulz qui a orienté mon enquête. Je venais de relever l'étonnante série des treize ans lorsque je me suis avisé que Perec, plusieurs fois cité dans le post, avait habité 13 rue Linné ( "Perec avait remarqué que ses 3 adresses principales à Paris (5 rue Quatrefages, 13 rue Linné, 18 rue de l'Assomption) formaient une suite additive de type Fibonacci, 5 + 13 = 18 (...)").
Or j'avais prévu depuis le 3 décembre de consacrer un article à Linné, car celui-ci m'était apparu dans la fameuse plaque 444 du Panicum plicatum.


Faut-il rappeler aux ignares que Linné est ce grand naturaliste suédois qui a fondé les bases du système moderne de la nomenclature binominale ? Si le panicaut plissé est nommé Panicum plicatum, c'est en application directe des principes de la nomenclature de Linné, qui "permet, nous dit la notice de Wikipedia,  de désigner avec précision toutes les espèces animales et végétales (et, plus tard, les minéraux) grâce à une combinaison de deux noms latins."
Deux jours avant la brocante des Marins où j'avais trouvé cette plaque 444, j'avais évoqué un film suédois de 1967, I'm curious, où le personnage principal était interprété par l'actrice Lena Nyman, qui portait son propre prénom à l'écran. La Suède n'est pas si souvent présente dans ces pages, aussi ai-je subodoré la résonance signifiante. Linné-Léna, il fallait y voir de plus près.
Linné est né le à Råshult et mort le à Uppsala : or, le 23 mai, c'est aussi le jour de naissance de Lena Nyman. Par ailleurs, je suis frappé de cette abondance de 7 dans les dates de naissance et de mort (Linné meurt en outre à l'âge de 70 ans).

Ce que je trouve néanmoins de plus curieux, c'est ce développement dans la notice wikipédienne qui nous informe que ce "grand nomenclateur que fut Linné, qui consacra sa vie à nommer la plupart des objets et êtres vivants, puis à les ordonner selon leur rang, eut lui-même maille à partir avec sa propre identité, son nom et même son prénom ayant été remaniés tant de fois au cours de sa vie qu’on ne dénombre pas moins de neuf binômes (on voulait dire bi-noms, en deux noms) et autant de synonymes."


Wikipedia : "Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la plupart des Suédois ne portent pas encore de noms de famille. Aussi le grand-père de Linné, conformément à la tradition scandinave, s’appelait Ingemar Bengtsson (signifiant « Ingemar, fils de Bengt ») et son propre fils, le père de Linné, fut d’abord connu sous le nom de « Nils Ingemarsson » (signifiant « Nils, fils d’Ingemar »).
Mais Nils, pour répondre aux exigences administratives lors de son inscription à l’université de Lund, doit choisir un patronyme. Sur les terres familiales pousse un grand tilleul. La propriété en porte déjà le nom : Linnagård (ou Linnegård), toponyme formé de linn (variante aujourd’hui obsolète de lind, « tilleul » en suédois) et de gård, « ferme »). Plusieurs membres de la famille s’en sont déjà inspirés pour former des patronymes comme Lindelius (à partir de lind) ou Tiliander (à partir de Tilia, « tilleul » en latin). Il est par ailleurs de bon ton, dans les milieux instruits de pratiquer le latin. Nils choisit donc une forme latinisée et devient « Nils Ingemarsson Linnæus ».*
Honorant ensuite le très populaire souverain de Suède de l’époque Charles XII, (en suédois Karl XII, 1682-1718), Nils donne le prénom du roi à son fils, qui débute donc son existence en s’appelant « Carl Nilsson » (signifiant « Carl, fils de Nils »), puis Karl Linnæus, le plus souvent orthographié « Carl Linnæus ».
Lorsque Carl Linnæus s’inscrit à l’université de Lund à l’âge de vingt ans, son prénom est enregistré sous la forme latinisée de Carolus. Et c’est sous ce nom de Carolus Linnæus, qu’il publie ses premiers travaux en latin.
Parvenu à une immense notoriété et en qualité de médecin de la famille royale de Suède, il est anobli en 1761 et prend en 1762 le nom de « Carl von Linné », Linné étant un diminutif (« à la française », selon la mode de l’époque dans nombre de pays de langue germanique) de Linnæus et von étant la particule nobiliaire (allemande). Dans le monde francophone comme en Suède, il est aujourd’hui communément connu sous le nom de « Linné »."
Ce nom de Linné me rappelle l'époque où mon ami Jean-Marc dit le Baroudeur (à cette heure en Thaïlande pour étudier le pouvoir thérapeutique de la bouse d'éléphant) travaillait comme documentaliste au Muséum d'Histoire naturelle. Un jour, je lui avais rendu visite et il m'avait introduit dans le saint des saints, une salle immense (il fallait relever une manette pour mettre le courant - c'était encore du 110 volts, m'avait-il confié), une salle où étaient conservés les herbiers. dont celui de Linné. J'y croyais encore jusqu'à aujourd'hui mais, après vérification, si le Muséum est bien riche de nombreux herbiers historiques, l'herbier de Linné est bel et bien conservé dans son pays d'origine, au Swedish Museum of Natural History (l'herbier de Linné est numérisé et accessible en ligne). 

Panicum virgatum (Herbier de Linné)
Pour finir, une autre piste à partir de ce nom de Linné. Dans le même article parlant du 13 rue Linné de Perec, Rémi, évoquant le roman de Nicolas Etienne d'Orves, Les orphelins du mal, mentionne une certaine Marjolaine Papillon, dite Leni (inversion phonétique de Linné) :

"Dans le premier, Les Orphelins du Mal, une bonne partie de l'intrigue concerne les messages disséminés dans l’œuvre de la romancière à succès Marjolaine Papillon (!). Ces messages constituent un puzzle permettant de reconstituer l'enfance de cette Marjolaine, née Leni avant-guerre, d'une première expérience de clonage (!!), avec quatre frères, les Sven. C'étaient les prototypes d'une nouvelle humanité, nommée Ruche (!!!) à diverses reprises, dont Leni était destinée à devenir la reine, mais elle a refusé ce rôle pour devenir donc Marjolaine Papillon..."
 Rémi revient sur ce livre dans un commentaire sur #301 Arthur Rackam :
"J'indiquais donc dans mon billet sur les cloneries des Papillon que la précision des coïncidences n'impliquait pas que Fabrice Papillon se soit inspiré de Marjolaine Papillon, car les clones du Lebensborn** de NEO avaient eux-mêmes un fort écho avec un roman de Tobie Nathan où un tueur de seconde génération du Lebensborn écrit en hébreu avec des membres de ses victimes le mot OTOT, "signes" ou "lettres", avec 2 mains et 2 jambes.
Or chez NEO les 4 clones d'OTTO (Rahn), frères de Marjolaine Papillon, se coupent leurs mains portant leurs tatouages Lebensborn et envoient le paquet au nouveau Führer, supposé constituer un SIGNE réveillant ses gènes pour moitié ceux d'Adolf..."
A l'heure où j'écris ces lignes, l'extrême-droite vient de rentrer en  force dans le gouvernement de l'Autriche, en occupant entre autres les ministères de la Défense et des Affaires étrangères, sans soulever la vague énorme de protestations qu'une première participation, sous l'égide de Jörg Haider, avait suscitée en 2000. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
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* "Les noms en -us et en -ius, si fréquents dans les pays nordiques, ne sont souvent pas des latinisations de nom suédois (ou autres), mais des noms d'emblée latins, choisis à l'époque où les gens commencèrent à prendre des noms de famille, ce qui était devenu nécessaire pour leur entrée dans l'administration, à l'université, etc. Tel est le cas de Nobelius, délatinisé ultérieurement en Nobel. Autres noms bien connus de ce type : Berzelius, Afzelius, Retzius, Arhenius, Celsius, Acharius, Thorlacius, Gunnerus, etc." Jacques Mélot (site Tela botanica).

**
Wikipédia : "Le Lebensborn e. V. (Lebensborn eingetragener Verein, en français « Association enregistrée Lebensborn ») était une association de l'Allemagne nationale-socialiste, patronnée par l'État et gérée par la SS, dont le but était d'accélérer la création et le développement d'une race aryenne parfaitement pure et dominante. Le terme « Lebensborn » est un néologisme formé à partir de « Leben » (« vie ») et « Born » (« fontaine », en allemand ancien). Le journaliste, écrivain et cinéaste Marc Hillel l'a traduit en français par « Fontaines de vie ».
Le programme de création des Lebensborns vit le jour à l'initiative de Heinrich Himmler le 12 décembre 1935 dans le cadre de la politique d'eugénisme et de promotion des naissances, pendant la « Solution finale ».
Il s'agissait à l'origine de foyers et de crèches, mais il semble, sur la base de témoignages de voisinage, que la SS transforma rapidement certains de ces centres en lieux de rencontre où des femmes considérées comme « aryennes » pouvaient concevoir des enfants avec des SS, puis accoucher anonymement dans le plus grand secret et remettre leur nouveau-né à la SS en vue de constituer l'élite du futur « Empire de mille ans ». Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs dizaines de milliers d'enfants, dont les caractéristiques physiques correspondaient au « type aryen », furent arrachés à leurs parents dans les pays conquis pour être placés dans ces centres.
L'existence de ces maternités et de ces crèches fut longtemps considérée comme une simple légende donnant lieu à une grande puissance fantasmatique, certains y voyant des haras humains, d'autres des bordels SS, jusqu'à ce que Georg Lilienthal (de), un jeune historien spécialiste de la médecine SS, y consacre sa thèse en 1985."


Le 6 février 1944, une maternité SS est inaugurée à Lamorlaye dans l'Oise. Vingt-trois enfants de "race nordique"y verront le jour. (Boris Thiolay/L'Express)

samedi 9 décembre 2017

# 294/313 - Panicum plicatum

Dimanche matin, 3 décembre. Un commentaire ce matin de Rémi Schulz sur #288/313.
"J'ai écrit en 2003 un papier où étaient mis en parallèle la mort du fils de Léon Daudet bd Magenta et l'hôtel de Nadja bd Magenta itou, mais j'ignorais alors que Nadja était en fait Léona.
Je viens de remettre en ligne ces Numineux Léons..."
Je clique sur le lien, débouche sur un autre site de Rémi, perecqation, où il a reposté une étude déjà partiellement parue dans PAN 27 (2003), Revue de L’Association Française de Pansémiotique. L'article est d'une bonne longueur, je décide de le lire au retour car je suis invité à déjeuner et je veux faire un tour à la brocante des Marins (toujours placée le premier dimanche du mois).

La brocante des Marins, c'est à l'autre bout de la ville, le pendant de Noz, le lieu magique des objets insolites, des livres inespérés. Bon, ce matin-là, il n'y a pas la grande foule, une autre brocante a lieu en même temps à Belle-Ile et il caille sévère. Je fais néanmoins deux belles trouvailles.Tout d'abord un livre des éditions Jean de Bonnot sur le naufrage de la frégate La Méduse :



Juste avant j'avais acheté une plaque émaillée, caractères blancs sur fond vert, qui avait dû servir dans quelque jardin botanique. Elle faisait partie d'un lot dont je ne voulais pas m'encombrer. Le vendeur me demanda pourquoi celle-ci en particulier et je lui répondis que c'était à cause du numéro. 444 (mais je ne lui parlais pas de la quaternité de Rémi Schulz à laquelle je voulais faire un clin d'oeil).


Or, revenu à la maison, je lus l'article sur les numineux Léons, qui finit ainsi :
"Le 11 mai, alors que je pensais cette étude achevée, j’avais dans mon courrier électronique un message transféré d’un groupe yahoo qui a aussi une adresse physique :
>"API" L'Effet Freudien
>88, Boulevard de Magenta
Je ne connais pas la personne qui m’a transmis le message, j’ignore où elle a trouvé mon adresse, il est très rare que je reçoive de tels courriers. Je remarque Magenta, bien sûr, et cet Effet Freudien complexe puisque j’ai déjà des éléments oedipiens sur ce boulevard, Jocaste et le Sphinx. Pas de Blanche ni d’Alba dans ce message, sinon par antithèse car l’Effet Freudien relaie lui-même Amnesty International organisant une pétition pour sauver une nouvelle noire menacée d’être lapidée au Nigeria, Nigeria qui vient du noir latin niger comme Alba vient du blanc latin albus…
Avec ce 88, mes quatre numéros pairs (pères ?) du bd Magenta donnent un total de :
106 + 136 + 114 + 88 = 444, triple 4 à rapprocher des 4 côtés du triangle ayant ouvert l’affaire, où du triple 6 qui y est apparu avec le 666 de (Napo)Léon Tolstoï." [C'est moi qui souligne]
Par curiosité, je me suis enquis du nom vulgaire de ce Panicum plicatum : il s'agit du panicaut plissé.

Les hasards de cette recherche m'ont conduit vers un autoportrait de Dürer où il se peint tenant à la main un panicaut à fleurs bleues.

1493 à Venise, Dürer a 22 ans.
Le rédacteur de ce site (lecoindelenigme) écrit :
"Son manteau, ouvert sur une élégante chemise aux rubans roses, marque l´axe du dessin par le bout de manche rouge, ligne qui passe sur son cœur découvert.
Entre ses doigts Dürer tient un érynge ou panicaut à fleurs bleues, semblable au chardon, appelé en allemand Mannstreue «fidélité du mari » du fait qu´on l´utilisait pour obtenir un filtre d´amour.
Ce fait laisse penser qu´il s´agit d´un autoportrait destiné en cadeau à sa fiancée mais aussi comme preuve de son évolution artistique, durant l´apprentissage de quatre années, pour ses parents.
Tandis que Dürer était loin, son père avait pris des dispositions matrimoniales auprès d´Agnès Frey et ils se sont finalement mariés le 7 juillet 1494, deux mois après son retour à Nuremberg.
La dédicace, souvent traduite par « Mes affaires suivent le cours qui leur est assigné là-haut », démontre sa religiosité et sa confiance en son destin. Son art est un DON qui illumine son Chemin ! C´est aussi un avertissement pour sa future épouse.
Remarquons sa calligraphie du 4 inversé et retourné.
( 4 de porte,
semblable à un X, qui n´est qu´un N templier, voir plus loin son blason )" [C'est moi qui souligne]
On a noté bien sûr l'importance du nombre 4, qui se confirme dans les pages suivantes du site que j'ai rapidement parcourues. Un exemple fort en est le carré magique (4 x 4) de la célèbre gravure de Dürer, La Mélancolie. Hum... Je sens bien qu'une nouvelle piste prometteuse se dessine ici, mais je me garderai bien de la suivre pour le moment.